SACHS HARBOUR

Dernier Post récit du PNO - Sachs Harbour Septembre 2022


Sachs Harbour fut le dernier. Le dernier village visité durant le passage du Nord-ouest. Ce n’était plus le Groenland, ni le Nunavut, mais la région d’Inuvit des territoires du Nord-Ouest. C’était encore le Canada mais presque déjà l’Alaska.

Sachs Harbour, 100 habitants, unique communauté de la gigantesque Ile de Banks. Ici, les habitants sont Inuvialuit, et tout fait ressentir l’approche d’un grand-ouest-grand-est : les longs vêtements de peaux élégamment incurvés en bas, les grandes maisons de bois à l’américaine, les tatouages ancestraux sur les visages. La visite, quelques trop courtes heures, ouvrit une fenêtre sur un paysage d’impressions infinies.

Ce qui nous marqua avant tout fut l’incroyable accueil. Il faisait très froid ce matin-là et une demi-heure de zodiac séparait le navire du village. Sur la plage, au bas de l’unique rue, des tentures étaient dressées.

On nous attendait, bras ouverts, du thé dans les bouilloires en fer chauffant sur des tonneaux de feu. Les sourires grands comme ça nous poussaient déjà vers une rangée de plats confectionnés du meilleur de cette terre : soupe de poisson, soupe d’oies des neiges, ragoût de bœuf musqué, poissons grillés, petits pains, scones aux baies rouges ! De quoi tenir tout un hiver. Rassasiés d'humanité, la visite du hameau soupoudré des premières neiges commença : Les maisons côté mer menacées d’effondrement à cause de la fonte du permafrost, les nouvelles construites en haut de la colline, les crânes de bœufs musqués devant les portes, des dizaines de lièvres arctiques, l’épave du premier schooner arrivé sur l’île en 1929, qui décida des chasseurs de renards de s’y s’installer. Car cette île est une des plus grandes réserves de renards et de bœufs musqués de l’arctique ! Le parc national Aulavik y a été créé et recèle de mammifères arctiques.

Le gardien du musée me fait bondit en m’apprenant que des centaines d’harfangs des neiges nichent sur l’île en saison ! Moi qui rêve de les voir … mais mon espoir retombe vite : « cette année, non, il n'y en pas, mais d’habitude, c’est comme des poules, d’ailleurs, on les mange…! »


Au bout de la rue, une dame fabrique chez elle de beaux vêtements en peaux. Un homme vend des pierres rares ramassées durant ses journées de chasse.

Peu de visiteurs, le continent américain relié par avion tous les jours, le bateau ravitailleur attendu la semaine suivante pour l’unique fois de l’année.

Un petit hameau dans un désert arctique où règne une douce paix. Un de ces havres que l’on a du mal à quitter, et où l’on se promet de revenir un jour.


Et si peu de temps pour rapporter des photos dignes de cette journée... des clichés à la va-vite, mieux que rien.



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